Kamis, 26 November 2020

Indignation (Folio t. 5395) Philip Roth lire en ligne

Indignation (Folio t. 5395)

par Philip Roth

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Indignation (Folio t. 5395)

3.8 étoiles sur 5 de 27 Commentaires client

Détails de Indignation (Folio t. 5395)

Titre du livre : Indignation (Folio t. 5395)

Auteur : Philip Roth

Catégorie : Livres

Nom de fichier : indignation-folio-t-5395.pdf

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Vous trouverez ci-dessous les commentaires du lecteur après avoir lu Indignation (Folio t. 5395). Vous pouvez considérer pour votre référence.
Je fais partie des admirateurs de Philip Roth qui pensent qu'il n'est pas forcément au sommet tout le temps, à plus forte raison depuis quelques années. Ses "petites formes" ne me convainquent pas toujours. Les deux livres qui ont été publiés aprèsExit le fantôme,Indignation/IndignationetThe Humbling/Le Rabaissement, sont tous deux petits par la taille et ne cherchent pas à avoir la même ambition romanesque queLa Contrevieou satrilogie américaine. Des deux, j'avoue nettement préférer Indignation, dont l'édition française nous arrive dans une traduction de Marie-Claire Pasquier, la (très bonne) traductrice d'Exit le fantôme. Si vous pouvez lire en anglais, sachez que ce livre est assez abordable dans la langue originale.Pour une fois, Roth n'adopte pas un narrateur déjà âgé, avec ses problèmes d'impuissance ou de prostate, à la limite de l'acariâtre et portant sur le monde comme il va mal un regard très marqué par le déclin - il faut dire qu'il s'était débarrassé d'un de ses doubles, Nathan Zuckerman, dans son livre précédent. Une des grandes forces d'Indignation, c'est la fraîcheur de la voix narrative, à la limite de la naïveté, avec laquelle Roth s'amuse: son jeune homme essentiellement obsédé par sa volonté de réussir pour échapper à la conscription, qui découvre les joies du corps et de l'amour mais sans trop comprendre ce qui lui arrive exactement, est un personnage attachant autant qu'irritant (voir présentation de l'éditeur ci-dessus). Tandis que Roth joue avec le type d'initiation qu'il soumet à son personnage, celui-ci découvre que son New Jersey natal n'est pas tous les Etats-Unis et que tout ne tourne pas rond dans cette société passablement corsetée. Autre grande réussite de ce roman: arriver à donner, toujours via son personnage, de l'intérieur, une vision de plus en plus paranoïaque d'une société qui commence à céder à la paranoïa. Comme par hasard, Marcus a l'âge que Roth lui-même avait à l'époque, comme nombre de ses personnages, à commencer par Philip Roth, le garçon duComplot contre l'Amérique(à mon avis une de ses oeuvres majeures, bien sous-estimée).C'est dans cette dimension-là que l'on retrouve le grand romancier qu'est Roth: savoir construire un cadre (historique, culturel) précis mais ne pas oublier de donner à son narrateur et ses personnages une autonomie qui fait qu'ils ne sont pas subordonnés à ce cadre et contribuent eux-mêmes à le construire. Par ailleurs, on retrouve le processus à l'oeuvre dans nombre d'oeuvres de Roth, celle de la mise à terre. On apprendra après un certain nombre de pages quelque chose du narrateur qui fait revenir sur ce qui précède et colore grandement la lecture de la suite, dont j'espère qu'aucun critique ne vous le révèlera. Mais déjà, dès le titre, tout est dit. Il s'agit chez Roth de rendre indigne, de faire comprendre que la dignité n'est qu'une façade, qu'elle a partie liée avec les forces de la répression, qu'elles soient sexuelles ou sociales. C'est donc littéralement à un processus d'"indignation" qu'on assiste ici, qui touche autant les personnages - le jeune homme, la jeune fille dont il tombe amoureux, sa famille - que la communauté (l'université) et la nation tout entière qui se drapent dans leur dignité et refusent l'évolution des moeurs tout en cautionnant les actions les plus indignes.Ce "petit" Roth me semble donc finalement porter beaucoup plus que nombre de ses autres ouvrages récents, en condensant la matière, en étant plus vif et moins filandreux que d'autres, en proposant une voix narrative qui nous change du vieil homme qui se pose des questions sur sa virilité - d'ailleurs de retour, pour le meilleur et pour le pire, dans Le Rabaissement. Un "petit" Roth qui m'apparaît comme un des tout meilleurs des dernières années, en cela qu'il évite la complaisance dans laquelle il verse parfois, et peut ouvrir sur une réflexion assez riche à partir d'un récit circonscrit, d'une économie narrative à laquelle Roth n'atteint pas toujours. D'où mes 5 étoiles. Si l'on considère ses plus grands livres, ce serait plutôt 4 qu'il faudrait donner, mais vous aurez compris qu'en ce qui me concerne, je n'avais pas autant pris plaisir à lire une de ses oeuvres depuis déjà quelque temps.Depuis la sortie de ce livre en France, un autre ouvrage où Roth revisite sa période favorite, l'après-guerre, là aussi avec un personnage de jeune homme, est venu confirmer que ce genre de matière romanesque lui convient aujourd'hui parfaitement. A mes yeux un de ses tout meilleurs romans,Nemesis, publié il y a déjà près de deux ans en anglais, va enfin être sorti par Gallimard, à l'automne 2012 :Némésis. A ne pas rater, même si l'on est un lecteur occasionnel de Philip Roth.

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